19.03.2008
La Philosophe tunisienne Hélé Béji, une grande dame, une vraie Distinctive Woman
" La décolonisation est la forme la plus instinctive et la plus avancée de la liberté.
Elle est l'avant-garde de toutes les libertés. Mais elle est la plus malheureuse de toutes, car elle n'a pas tenu ses promesses... Nous avions fait l'Histoire, nous étions au cœur de l'Histoire, et l'Histoire nous avait comblés à profusion. Pourtant, après avoir reçu en héritage cette grâce miraculeuse, nous ne l'avons pas gardée. Qui nous l'a dérobée ? Cette histoire était la nôtre et, si nous l'avons perdue, c'est de notre faute.
Nous n'avons pas recouvré ce dont nous croyions avoir été spoliés, et nous avons dilapidé ce que nous avions reçu. "
C’est en ces termes que Madame Béji se pose la question essentielle et délicate de la difficile reconstruction après les Indépendances. Cet essai auto-critique publié sous le titre Nous, Décolonisés, est d’une audace incroyable et ose parler des lendemains qui déchantent.
Cette femme je l’ai rencontrée, le soir du 8 Mars, journée internationale de la Femme, dans sa superbe maison familiale en plein Medina de Tunis. Ce soir-là, il y avait une réunion de psychanalystes dans le Collège international de Tunis, qu’elle a fondé en 1998, au sein de sa demeure, rue Ben Nahmoud. À l’étage, j’ai rencontré une belle femme à la silhouette gracile et au regard pétillant, une femme élégante, racée et d’une rare culture. Ce qui m’a charmé, en tout premier lieu, c’est l’atmosphère des lieux, la présence de la couleur rouge dans les rayures des sofas, les ouvertures des pièces restaurées et modernisées, la chaleur du décor et la qualité des toiles suspendues aux murs, celles du fils, m’a confirmé le mari. La présence calme et réconfortante de ce dernier, avocat de profession originaire du Kef. La qualité des invités était un vrai bonheur et la cuisine servie était à la hauteur des hôtes. Mon amie, Amel, est une parente d’Hélé mais aussi une de ses ferventes admiratrices et j’étais très honorée d’être présentée à cette dame qui connaît le tout Paris Littéraire et Philosophique. Régis Debray dont je suis une lectrice attentive est un de ses proches. J’étais au paradis.
Bien sûr, j’ai voulu en savoir un peu plus sur les différents livres d’Hélé car ses sujets sont brûlants et touchent à la Culture et à l’identité, thèmes d’actualité. Or justement dans la semaine du 7 au 13 mars sortait en Kiosque, dans le magazine l’expression, un dossier spécial ayant pour titre Ces Femmes qui font bouger la Tunisie, dans lequel un article intitulé « une force qui demeure » qui reprend le titre d’une des dernières œuvres d’Hélé publiée en 2006 aux éditions Aerla. Or, je ne me souvenais plus en la rencontrant que 19 février 2007, au tout début de ce blog j’avais parlé de ce livre et d’Hélé. Son nom et son visage faisait écho mais je ne pus, à ce moment lui parler de ce papier, écrit dans la plus grande anonymat.
Et voilà que cette femme issue d’une prestigieuse lignée s’intéressait à mon concept de Distinctive Women. J’étais aux Anges.
Ce qui m’éblouit, c’est la continuité dans l’œuvre de Madame Béji et qu’atteste la Bibliographie de cette universitaire : « Le Désenchantement national », chez Maspéro en 1982, 'L' Oeil du jour', un roman chez Nadeau en 1985 et 'L' Imposture culturelle', un essai (Stock 1997). Ce dernier essai cerne, sous la forme d’un pamphlet, une dégénérescence du Tout Culturel où la culture « n'est donc pas toujours cet élan qui nous porte à nous apprécier; elle peut aussi épouser les vices et les vertus du patriotisme et du racisme. »
En 1997, avec un esprit pionnier, elle dénonçait l’intégrisme non pas comme une renaissance culturelle mais comme la « liquidation de la culture traditionnelle dans une inculture politique conforme à notre siècle. C'est une tendance qui rejoint l'évolution de la société moderne dans ses pires aspects discriminatoires, fétichistes et narcissiques où anonymat urbain, pensées déracinées et instincts dénaturés rendent l'individu accessible à tous les fanatismes »
Cette femme est une grande philosophe dont peuvent s’enorgueillir toutes les Femmes tunisiennes, mais aussi les Femmes du Monde car elle est une femme qui s’exprime sans interdits ni contraintes.
17:10 Publié dans FEMMES, Histoire, Livre, patrimoine, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Hélé, Béji, Bourguiba, UNESCO, décolonisation, Philosophie, Psychanalysme
21.09.2007
Femmes tunisiennes et environnement
J'avais envie de vous parler de réserves de la biosphère en Tunisie. En effet, je venais de lire l'article de Saisons Tunisiennes sur les Iles et Ilôts de la Côte Nord tunisienne.
Je me suis alors demandé si vous saviez combien les femmes tunisiennes s'ntéressaient aux questions d'environnement? Pour combler cette lacune, je vais vous parler de l'initiative Alliance Femme et environnement. A travers ce programme, l'UNFT (Union nationale de la femme tunisienne) a développé une série d'activités, notamment des projets de conservation des champs, des campagnes de sensibilisation du public et des actions solidaires, afin de préserver la biodiversité, améliorer la qualité de vie des femmes et leur permettre d'exercer un rôle important dans le développement durable.
Leurs moyens d'action passent par différents objectifs:
- Soutenir la participation effective de la femme dans le processus de développement durable.
- Etablir des relations et des échanges entre les femmes oeuvrant pour la protection de l’environnement et le développement durable.
- Répandre parmi ses membres et dans leur milieu professionnelle social et familial, la connaissance des principes de l’Alliance.
- Œuvrer afin que les femmes participent activement dans le processus de développement durable.
- Etudier particulièrement, d’un point de vue national le rôle des femmes dans la conservation des ressources naturelles.
- Favoriser l’établissement des liens d’amitié et de solidarité avec toutes associations nationales et internationales ayant les mêmes objectifs.
- Etudier et réaliser des projets de développement durables contribuant à la préservation et à la mise en valeur des ressources naturelles.
- Rassembler et diffuser toutes informations, toutes documentations utiles concernant les femmes, la famille, leur rôle dans le maintien de l’équilibre écologique, par des moyens appropriés notamment par la publication d’un bulletin périodique.

- Collaborer aux articles, études et ouvrages en la matière.
- Organiser des séminaires, congrès, cercles d’étude en vue de rendre compte que peut jouer la femme dans la préservation de l’environnement.
Concrètement sur le terrain: grâce au soutien de l’ambassade du Canada, l’alliance Femme et Environnement a démarré, en 2006, la réalisation d’un projet de valorisation du savoir faire traditionnel des femmes rurales. Ce projet consiste à assister les femmes rurales des deux villages Jradou et Oued Laabid dans la région de Cap Bon, ayant un savoir faire traditionnel, tels que la distillation des plantes médicinales, la production d’article en matière d’Alfa, afin de vendre et d'écouler leur marchandises produites de manière artisanale. Cette assistance consiste à :
* Améliorer la qualité du produit en s’assurant (pour le cas des huiles essentielles) de la sécurité des usagers
* A avoir de nouvelles conception et design des produits afin de répondre u mieux aux goûts et aux besoins des clients * Leur acheter les équipements nécessaires
* Les former afin qu’elles maîtrisent et appliquent les nouvelles idées de conception
* Accéder à d’autres type de clients
* Gérer d’une manière autonome leur projet
Ceci étant posé, connaissez-vous les réserves de la biosphère tunisiennes?
Réserves de la Biosphère UNESCO-MAB
- Parc national de Djebel Bou-Hedma
- Parc national de Djebel Chambi
- Parc national de l'Ichkeul
- Parc national des Iles Zembra et Zembretta
Ce sont ces dernières iles qui sont effectivement présentées par Saisons tunisiennes, je leur emprunte la photo ci-contre de l'ile de Zembra photographiée par Raouf ben Ghiza. Ces merveilles naturelles sont situées au Cap Bon à 11 kilomètres du rivage. "Zembra est un immense rocher abrupt de 390 hectares environ culminant à 432 mètres. Capo grosso, sa pointe Nord, offre un paysage impressionnant avec des falaises verticales de 200 mètres de haut."
Depuis avril 1977 Zembra et Zembretta ont été décrétées parc national grâce au travail d’un groupe de protection de la nature et insérées dans le programme international de l’Unesco sur la liste des réserves de la biosphère.
Pour en savoir plus sur le Parcs Naturels tunisien, je vous incite à consulter la rubrique Parc Naturel de Saisons Tunisiennes
Quant aux femmes tunisiennes impliquées dans la protection de la nature, leur action concerne aussi un sujet grave, la lutte contre les pesticides. A ce propos lire sur leur site, leurs travaux.
17:20 Publié dans Activités, Bien être, Circuits tunisiens, FEMMES, Nature, patrimoine, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, Biosphère, Tunisie, femmes, Union, Alliance, Unesco
21.08.2007
Sur la route du Kef, un joyau, Dougga
Si je devais faire une liste personnelle et non exhaustive des MUST de la Tunisie, ces incontournables qu'il faut voir absolument, je dirais :
1-La Medina de Tunis, cette "ville dans la Ville" celle de Gide,
2-Tunis en général comme le dit si bien Albert Memmi,"cinq cents pas de promenade et l'on change de civilisation",
3-Le Bleu de Sidi Bou Saïd et la carthage de Didon
4-La ville Sainte de Kairouan, celle d'Ibn Khaldoun,
5-Le Désert de Tozeur à Mededine, avec ses palmeraies, ses schotts et ses oasis, ses «Ksars et ses Ghôrfas,
6- Les Iles de Djerba et de Kerkenah
7-Le joyau de Dougga et ses monuments remarquables
Inscrite au patrimoine de l'humanité en 1997, Dougga ou Thugga a été reconnue officiellement comme la petite ville romaine la mieux conservée de l'Afrique du Nord et en tant que telle, elle illustre de manière exceptionnelle ce qu'était la vie quotidienne sous l'Antiquité.
Il ne s'agit donc pas d'omettre la visite de ce bijou. Il faut lui consacrer du temps et ne pas hésiter à y passer la journée pour apprécier toutes ses merveilles. D'ailleurs les autorités tunisiennes ont pris conscience de la grande valeur patrimoniale et touristique d'un tel site. Et depuis juillet 2007, la mise en valeur du site de Dougga est très avancée.
«Scellée à la Montagne, Dougga, l’antique Thugga, surveillait la longue voie numide venant de Tebessa. Je l’ai visité sous un ciel d’orage qui donnait le ton violent de la terre de Sienne au fronton du Capitole voué à Jupiter, Junon et Minerve, et aux gradins du théâtre. Dougga, plantée sur une montagne raide, a l’air d’une ville suspendue. Ses temples et ses oliviers regardent la plaine à blé de Téboursouk, jamais monotone, tantôt noyée, tantôt vallonnée par la lumière.» Michel Zeraffa, Tunisie, Petite Planète
Thugga est d'abord une importante colonie Phénicienne. Après la chute de Carthage en 146 avant JC elle préféra l'alliance des Numides de Massinissa à celle du vainqueur romain. La cité berbère reste administrativement autonome pendant près d'un siècle. Mais en 46 avant J.C., elle est annexée à la nouvelle province romaine d'Afrique par César. La cité connut un rapide développement et participa à l'essor général de l'Afrique romaine des IIé et IIIè siècle.
cliquez sur le plan pour positionner les différents vestiges______________________________>>>>
Dougga a livré les plus anciennes inscriptions libyques datées. C'est le seul site où se trouve attestée l'utilisation de l'épigraphie libyque pour des inscriptions publiques. Le plus connu de ses vestiges est le célèbre mausolée libyco-berbère dit d'Atban (fils de Iepmatath et de Palu). Il s'agit de l'un des rares exemples d'architecture royale numide. Ce tombeau de 21 mètres de haut est bâti au IIe siècle av. J.-C..
Le théâtre de Dougga est l'un des plus importants de Tunisie restauré par L. Poinsot. Construit en 168 ou 169, il est l'un des mieux conservés de l'Afrique romaine. Il pouvait accueillir 3.500 spectateurs, alors que Dougga comptait 5.000 habitants.
Le Capitole est un temple romain du IIe siècle dédié à la triade protectrice de Rome : Jupiter, Junon et Minerve. Au fond du temple se dressait une statue colossale de Jupiter.
Les temples de Saturne et celui de Junon Caelestis sont d'un
grand interêt. Le premier dédié à Saturne qui est l'héritier de Ba'al Hammon.
Le second, le temple de Junon Caelestis, héritière de la Tanit punique, vaut pour l'excellence de la conservation de son enceinte sacrée (temenos) délimitée par un mur dont une partie importante subsiste aujourd'hui. A
cet ensemble impressionnant s'ajoutent l'arc de triomphe de Sévère Alexandre,
connu sous le nom de Bab er Roumia (la porte de la Chrétienne) date de 222-235, des établissements thermaux, comme les Thermes liciniens, thermes d'hiver du IIIe siècle, 
ds thermes d'été alimentés par des citernes remarquablement conservées. Au milieu de ce site merveilleux se retrouvent de vastes maisons, comme celles d'Eros et De Psyché, du Trifolium ou de Dionysos et d'Ulysse. de nombreuses maisons étaient couvertes de mosaïques dont certaines sont visibles au Musée du Bardo à Tunis.
Pour finir admirons les murs numides
19:20 Publié dans Architecture, Circuits tunisiens, Histoire, Livre, patrimoine, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Unesco, Tunisie, Dougga, Thugga, temples, Théâtre Capitol, Mausolée


