21.10.2008

L’autre moitié du ciel, un film de Kalthoum Bornaz

 

1223634703_max.jpgUne femme cinéaste tunisienne fait couler beaucoup d’encre en Tunisie et au Maghreb ces jours-ci. Il s’agit de la réalisatrice Kalthoum Bornaz. Cette femme a vraiment du métier, elle qui a déjà réalisé près de dix films et monté plusieurs autres  en Tunisie comme à l’étranger. Sa carrière de réalisatrice elle l’a démarrée en 1984 avec le film Couleurs fertiles

 

Aujourd’hui elle revient à la réalisation après plusieurs années d’absence  et elle frappe fort puisqu’elle s’en prend à un sujet délicat voire tabou, celui de la non-égalité des sexes devant l’héritage en Tunisie, malgré le Code du Statut personne proclamé par le Président Bourguiba en 1956.

Dans ce film, le sujet très polémique est traité par la cinéaste selon une perspective artistique et humaniste. Elle met donc en scène l’histoire d’une famille écartelée par la mort en premier lieu d’une mère inconnue et dont le mari n’a jamais oublié le décès tragique à la naissance des jumeaux. Ces derniers Selima (Sana Kassous) et Selim (Mourad Meherzi) apparaissent comme les héros d’une tragédie antique puisque leur sort va être scellé par la disparition de leur père, Ali (Younes Ferhi) un avocat  au barreau de Tunis, moderne, éduqué en France et ouvert aux idées marxistes. Malgré ce bagage occidental, Ali est un musulman qui respecte la Charia sur le point sacré de l’héritage inégal entre le Frère et la Sœur. Ainsi, lorsque la jeune Selima, alors étudiante en archéologie, apprend qu’elle n’hérita que la moitié de la part de son frère, elle n’en revient pas. Elle en est si troublée qu’elle ose demander à son père si « les pères n’aiment leur fille qu’à moitié » ? Mais le père reste inflexible même devant le portrait de Lénine accroché à sa chambre. Les jumeaux ont des projets différents, Selima préfère rester en Tunisie et conserver les droits acquis par les femmes depuis 1956 plutôt que d’aller rejoindre son amoureux dans un autre pays arabe. Selim lui ne pense qu’à sa réussite et à l’argent qu’il fera à l’étranger s’il réussit sa carrière de styliste.

 

A la mort du père, le fils revient et applique strictement la Charia en vendant la maison familiale, il s’attribue deux parts laissant seulement une part à la sœur qui se retrouve dans une situation financière précaire, alors que lui retourne avec le magot continuer sa vie à l’étranger.

 

Ce film audacieux tourné en 2006 et qui soulève déjà la controverse, à peine projeté au Cinémafricart, est un film à voir pour son courage, sa volonté de montrer une réalité sociale et culturelle dans les pays musulmans. Les contradictions d’un père marxiste appliquant la Charia s’oppose au Code du Statut Personnel revendiqué par la jeune Femme qui comprend fort bien sa position, malgré tout privilégiée en Tunisie. Pour autant la cinéaste se défend de jeter un doute  sur le verset coranique qui traite de l'héritage et de sa répartition entre héritiers de sexes opposés.

 

 

Ce film il faut le voir dans toute son épaisseur dramatique, le point de vue de la complexité d’une Tunisie tiraillée entre une modernité acquise depuis peu et une tradition séculaire qui dicte encore certains aspects du code de la Famille, comme l’héritage inégal entre frère et sœur.

 

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Filmographie de Khaltoum Bornaz

Autre Moitié (L') 2006
Réalisateur(trice), Scénariste

Madfoun 1998
Réalisateur(trice)

Keswa, Le fil perdu 1997
Réalisateur(trice), Scénariste

Nuit de noces à Tunis 1996
Réalisateur(trice)

Forêt d'El Medfoun 1996
Réalisateur(trice)

Un homme en or 1993
Réalisateur(trice)

Regard de mouette 1991
Réalisateur(trice)

Trois personnages en quête d'un théâtre 1988
Réalisateur(trice)

Couleurs fertiles 1984
Réalisateur(trice)

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

ça un film courageux!
et en plus c'est un mauvais film,ennuiyeux,sans emotions aucune!

Ecrit par : ahmed | 21.10.2008

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