21.07.2008

Distinctive Women in Tunisia promu à la RTCI

Samedi dernier en après-midi, j’ai participé comme invitée de la première heure de Quiproquos, l’émission de Tarek Mrad sur RTCI, la radio multiculturelle de Tunis. L’animateur vedette venait de repérer le site Distinctive Women In Tunisia et m’a demandé de venir en parler sur les ondes.

21fa9a422ed26f1069b60667aa4bd304.jpgUn direct convivial dans une ambiance chaleureuse. Je me suis sentie très à l’aise pour parler des femmes plurielles, de mon goût pour les Femmes tunisiennes et de ma  volonté de promouvoir la Tunisie, ses paysages mais son autre richesse, ses femmes.

ab56fc6425975fcf929d04b0f04ac0d8.jpgTarek a voulu que je parle de mon parcours de mon retour ici, puisque je me réinstalle à Tunis, dans mon pays de naissance et que je deviens une Bent Bled…J’ai évidemment parlé de Mégrine, ma ville de naissance mais aussi de ma manière de lier les femmes à leur lieu, comme la rencontre avec Dar Chennoufi à la suite d’un article écrit sur Le Kef…j’ai évoqué aussi les rencontres littéraires comme celle de Hélé Béji… Évidemment je n’ai pu évoquée que très peu de coups de cœur, car une heure ponctuée de beaucoup de musique, cela passe vite et je me laissais guider par Tarek qui est un grand professionnel, cinéphile au choix musical excellent…j’ai apprécié tout particulièrement en début d’émission Etienne Daho, un chanteur français que j’apprécie depuis le début de sa carrière.

Tarek m’avait demandé par mail de lui parler d’un film vu récemment qui m’avait plu et qu’il avait vu…un entretien contradictoire fort intéressant car nous n’avions absolument pas la même lecture du Film. Moi j’en ai une affective et probablement très française et lui une vision plus intellectuelle, mettant en exergue les défauts de construction du film…du moins ce qu’il jugeait en être ainsi…

 
La critique cinématographique est toujours subjective et évidemment tout dépend de la grille de lecture…En cela ma vision est confirmée par plus d’un critique cinématographique professionnel français comme Aurélien Ferenczi
responsable de la rubrique cinéma de Télérama:

 « On ne nous demande pas d’être objectif, mais d’être subjectif »

Je vous laisse lire ce commentaire dans l’article –entretien en référence :

 

« La critique n’est pas un genre « en soi », elle dépend toujours de la ligne éditoriale de la publication dans laquelle elle est publiée. Or nous avons besoin d’une variété de type de critiques. Dans la constitution d’une rubrique consacrée au cinéma, il faut savoir alterner des textes plus réfléchis et d’autres plus vifs. Il existe toute une variété de tons et de traitements qu’il ne faut pas craindre d’employer, au contraire. La « critique d’humeur » en est un type d’expression. Elle me semble d’ailleurs être une forme assez peu utilisée dans la presse aujourd’hui. La tendance est plutôt à la critique moyenne, qui se contente de mélanger quelques informations sur le film et d’y ajouter un vague avis...comme on le voit par exemple dans certains articles publiés dans les mensuels de cinéma grand public. »

 

Je vous livre ici l’exercice auquel je me suis livrée pour parler de ce film d’hommes :

 

Robin des Bois des temps modernes

 

d85ea9e99ada968b28f11db53a8c9034.jpgLe Comédien et humoriste Jean-Paul Rouve, pour son premier film en tant que réalisateur, nous donne à savourer la personnalité hors du commun de celui qui fit le Casse du siècle en 1976 à Nice, le devenu célèbre Albert Spaggiari. Ce dernier, un petit photographe anonyme de l’arrière-pays niçois fera la une de l’actualité et reste encore dans les mémoires comme celui qui vole les riches, une forme de gentleman cambrioleur, un Robin des bois à la Française.

 

e4bf062a5cbc6ffc375afa74f5c2a8dd.jpgCe film, Sans Arme, ni haine ni violence, doit son titre au message inscrit sur le mur d’un coffre éventré de la SG par Spaggiari « ni armes, ni haines et sans violence ». Nous sommes en 1977 et le film démarre sur l’évasion spectaculaire de Spaggiari qui fait faux-bond au Juge d’instruction niçois en réussissant, grâce à un saut de 8 mètres, à s’enfuir à l’aide d’un complice à moto. Si le public n’entend plus directement parler de lui, il arrive à faire savoir aux médias qu’il est réfugié en Amérique du Sud. C’est là qu’un mystérieux reporter, Vincent, vient l’interviewer quelques années plus tard.

 Le rôle de Spaggiari est tenu par Jean-Paul Rouve lui-même à qui  Gilles Lellouche (Vincent) donne la réplique dans un duo brièvement interrompu par la superbe Alice Taglioni, campant Julia, la compagne de Spaggiari. Le personnage du Journaliste est une création de Jean-Paul Rouve qui a également écrit le scénario. En voyant jouer J.P Rouve, le spectateur n’a aucun doute que son personnage l’habite. La fascination que Spaggiari exerce sur le cinéaste transparait dans son interprétation et le mimétisme troublant de son apparence. Ce personnage mégalomane et cherchant la reconnaissance, plus que l’argent, accepte de rencontrer le journaliste, oubliant les risques qu’il prend pour avoir le droit une nouvelle fois de voir sa photo publiée dans Paris Match. Cette rencontre avec l’énigmatique reporter Vincent alias Gilles Lellouche permet au spectateur de suivre les détails du Casse de la Société Générale de Nice perpétré dans le Week End du 14 juillet 1976. Faisant appel à ses ex-copains de la Légion et au Milieu marseillais, le cerveau du Casse, Spaggiari, ne sera condamné que par contumace et mourra en 1989 sans jamais avoir été repris.

 Ce qui m’a particulièrement plu dans ce film, c’est la relation entre les 2 protagonistes principaux, une relation d’hommes tout en finesse. La manipulation et la séduction sont de la partie et le personnage du journaliste prend de l’épaisseur au fur et à mesure que l’intrigue se développe. On est surpris et enchanté par les rebondissements de l’histoire. Pas un temps mort, un rythme, un souffle, du bon cinéma français drôle et émouvant, un film réussi visible par tous publics et qui arrive à rendre le personnage du gangster fantasque fort sympathique, conforme à sa légende.

 

c9f5b03597c4c5ad90859baa8ba4e29a.jpgVous me direz pourquoi ne pas parler d’un film de femmes… en fait j’avais proposé le1de7ed4b9f4ab5e433d3bc0c56ea12a1.jpg film  « Notre univers  impitoyable » de la cinéaste suisse Léa Fazer. C’est un film que je vous conseille vivement mesdames les Distinctive Women. Bien qu’il n’ait pas retenu l’attention de Tarek parmi les 8 films que je lui ai soumis…c’est une vision féminine très juste et cruelle des rapports de couple, amoureux et professionnels entre deux avocats mariés ensemble qui, une fois entrés en concurrence s’auto-détruisent…Un film juste et implacable, pas sentimental et cruel, sans concession pour la gente masculine, mais aussi sans illusion sur le transactionnel au féminin dans notre monde  où tout se monnaye!

Si vous avez un cinéma maison ou un simple lecteur de vidéos allez le visionnez si vous ne l'avez pas vu.

Dans les deux films une femme est au générique: Alice Taglioni, une actrice montante. 

Dans les deux films c'est une première oeuvre, un premier long métrage. Des réalisateurs à suivre.

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