26.02.2008
Les Églises de Tunisie
« L’ancienne église de Notre Dame de la Garde abrite depuis 2003 le Musée de Zarzis. Elle fut construite vers 1920 par deux prêtres missionnaires : les Pères Deshay et Deschanels. On y distingue nettement la nef centrale flanquée des bas-côtés, le transept avec ses deux bras qui s’étirent de part et d’autre du chœur donnant à la basilique la forme d’une croix. Destiné aux paroissiens de la ville de Zarzis, cet édifice religieux a été fermé en 1954, après le départ du dernier prêtre connu, Père Immhof. L’église a été restaurée et aménagée en Musée après avoir abrité le Comité culturel. » source Saisons tunisiennes
En lisant ces mots sur le site de mon ami Raja Skandrani, Saisons Tunisiennes, je me suis posée la question des vestiges catholiques de Tunisie. J’avais parlé du sort des cloches de l’Église de Mégrine qui avaient été récupérées par un amoureux avisé du patrimoine tunisien, de cette identité plurielle aux accents multi-confessionnels. Ces cloches ont une importance plus intime, depuis que j’ai appris que j’avais reçu le baptême dans cette même église. Je ne veux pas dire que c’est pour leur valeur religieuse qu’elles m’importent, mais qu’elles sont un fragment de mon existence et de celles des habitants de ce quartier, du temps où se côtoyait une mixité culturelle dans une petite ville comme Mégrine.
Plus grandiose qu’une simple église, l’ex-cathédrale catholique de Saint-Louis est un édifice de style éclectique « néo-roman-mauresque » construit en 1890 sur le lieu même où le roi français saint Louis mourut à la huitième et ultime croisade (1270). Situé sur la Colline de Byrsa, à Carthage, elle laisse son empreinte sur le paysage.
À Tunis, la Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul a été bâtie dans un style éclectique de forme néo-byzantine, en 1897 sur l’emplacement de l’ancien cimetière chrétien de Saint-Antoine. (source wikipedia)
L’enseignante chercheure Chiraz Mosbah, de l’Université de Sousse nous explique :
« Oscillant entre continuité avec un héritage ancien et rupture, entre tradition et modernité, la production constructive en Tunisie de l’époque coloniale témoigne d’un grand renouvellement artistique et de la présence d’influences croisées. En effet, les projets constructifs du Protectorat se partagent une architecture qui s’inspire d’un répertoire occidental (particulièrement français et italien) et une architecture qui fait référence à la tradition locale. Certaines réalisations permettent ainsi d’instituer un prolongement de l’art indigène en se réappropriant ses différents éléments, alors que d’autres reflètent des répliques classiques ou modernes qui reproduisent un nouveau langage affichant une grande adhésion aux différentes formes de l’art occidental.
Cette production constructive, fruit d’une confrontation d’anciens et de nouveaux modèles architecturaux et décoratifs, suit plusieurs courants -tantôt dissociés, tantôt combinés- que nous pouvons regrouper en 5 tendances artistiques selon différentes périodes : le style éclectique (1881-1900), qui se ramifie par la suite en style art nouveau (1900-1920) et art déco (1925-1940) inaugurant les temps de la modernisation sur le territoire de la Régence tunisienne. Parallèlement et dans le même esprit, le style néo-mauresque (1900-1930) et enfin le style moderniste (1943-1947). »
La paroisse de Mégrine date de 1931, il existait 80 paroisses en Tunisie au moment de l’Indépendance en 1956, les Catholiques formaient une communauté d’environ 280 000 personnes en 1949, ils sont dix fois moins nombreux de nos jours, d’après le Diocèse de Tunis.
Près de mon hôtel sur la rue de Palestine, ancienne rue Courbet, se trouve l’Eglise Jeanne D’Arc qui est restée propriété du Vatican comme la Cathédrale de Tunis après les accords de 1964, suite à la Nationalisation. Les autres biens conservés sont une église à La Goulette, un presbytère à Hammam-Lif, de même à Grombalia avec l’Eglise et la Salle paroissiale, l’Eglise Saint Félix de Sousse et le Presbytère de Djerba.
Ont été cédées immédiatement à Tunis, l’Eglise Notre Dame du Bon Conseil et sa salle
paroissiale de la Rue Courbe, l’Eglise Notre Dame du Rosaire de la rue de l’École, l’Eglise Sacré Cœur son Presbytère et sa salle paroissiale de la rue des Protestants, la chapelle de Bab Saadoun, enfin l’Eglise, le Presbytère et la Salle paroissiale de la rue Jammâa Zitouna (ancienne rue de l’Église). Il faut savoir que cette dernière est la première église de Tunis, dédiée à la Sainte-Croix, édifiée en 1662 est aujourd'hui transformée en arrondissement municipal, si mes renseignements sont bons. (source , Tunis raconte ses rues durant le Festival de la Medina)
J’ai pourtant eu l’information qu’en 2000-2002 avait été prévue la restauration dans la Médina de l’église Sainte-Croix et son couvent et leur reconversion en Centre méditerranéen des arts appliqués.
« Le projet de reconversion de l’ensemble architectural de l’église sainte croix en un Centre Méditerranéen des Arts Appliqués vise la création d’un noyau culturel susceptible de renforcer les liens entre les peuples du bassin méditerranéen, ce qui permettra de contribuer à la promotion d’un tourisme culturel de haute facture qui constitue l’une des composantes économiques du pays.
En effet, l’intérêt pour la culture et le tourisme culturel dans la Médina s’est accru ces dernières années. La Médina redevient, peu à peu, le centre le plus recherché dans l’agglomération tunisoise, pour les activités culturelles d’envergure qui s’y développent.
Le projet «Centre Méditerranéen des Arts Appliqués» cadre donc bien avec les objectifs de développement culturel de la ville de Tunis et les objectifs patrimoniaux de sauvegarde et de mise en valeur des monuments représentatifs de la mémoire de la cité historique.
La proposition de réaffectation de l’Eglise Ste-croix, actuellement siège de l’arrondissement municipal de la Médina, ainsi que le presbytère y attenant en un Centre Méditerranéen des Arts Appliqués est de nature à renforcer le principe et les valeurs de tolérance qui ont caractérisé l’histoire de la Médina et d’affirmer l’identité méditerranéenne de la ville de Tunis. »
Je ne crois pas que cet ensemble ait été réalisé. Je vais m'en informer à mon prochain passage à la Médina.
Les projets de restauration de la Médina
18:37 Publié dans Architecture, Circuits tunisiens, Histoire, patrimoine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Eglises, restauration, tunisie, Tunis, histoire, Djerba, Grombalia



Commentaires
Bonjour,
Je suis protestante et souhaiterais savoir s'il y a un culte ou temple ou de maison protestant
à Zarzis ou Djerba et quel jour et où ?Merci.Je pars en vacances et je n'arrive pas à trouver,sur le net.Merci pour votre réponse.
Ecrit par : jojo | 12.08.2008
j aimerais connaitre l histoire des eglises en tunisie et savoire si il y a eu un accord pour passer les eglises ou certains à l Etat tunisien ou il y a eu une nationalisation par décret de l Etat , c est une vairite historique , j aimerais connaitre la vaire histoire des eglises converti en locaus Etatique aujourd hui
Ecrit par : mahrez | 12.01.2009
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