16.08.2007
Histoire de femmes...elles sont libanaises
Hier je suis allée sur es Champs Elysées assister au lancement du film Caramel de Nadine Labaki.
La veille, une belle critique à la télévision, sur l'A2, avait éveillé mon attention. Je suis une grande admiratrice des femmes libanaises, d'autant qu'une de mes meilleures amies est libanaise et vit et enseigne à Beyrouth. Je la vois quant elle passe à Paris, et justement elle doit venir pour des conférences cet automne.
Cette peinture des femmes, coincées entre tradition et modernité, Orient et Occident, est une belle introduction au voyage au pays des femmes...dans la contrée de l'amitié intergénérationelle au milieu de six femmes qui se partagent l'écran. Deux sont dans la vingtaine et vivent deux moments difficiles, l'une Rima, garçon manquée attirée par les femmes, a du mal à vivre sa différence, l'autre Nisrine, jeune fiancée, n'est plus vierge dans une société où la virginité est encore essentielle et doit penser à une opération pour éviter le scandale. La troisième Layale, la jeune trentaine, est la propriétaire du salon. Malgré une beauté sensuelle et envoûtante, elle est encore célibataire et se consume pour un homme marié qui ne cherche qu'une jeune maîtresse répondant au son du Klaxon. La quatrième Jamale reprend, sans grande réussite, une carrière de comédienne à près de cinquante ans à l'issue d'un divorce. La cinquième, Rose la couturière, se sacrifie au profit de la sixième, Lili sa soeur aînée, vieille femme de plus de soixante dix qui a perdu ses esprits, à la suite d'une histoire d'amour douloureuse.
Toutes ses femmes nous font entrer dans leur intimité, leurs joies et leurs peines avec un humour et une énergie qui nous les rends attendrissantes. L'amour est le sujet principal de leur préoccupation, le mariage occupe l'esprit des plus jeunes, toutes ses femmes se croisent dans ce salon où le caramel est la méthode naturelle pour épiler femmes et hommes. Toutes ces femmes sont seules, avec leurs espoirs d'une vie à deux ou leurs souvenirs de vie perdues, mais vaillantes elles cherchent à aménager avec courage leurs vies, soutenues par l'amitié et la générosité que chacune porte envers les autres. La leçon du film est cette belle solidarité entre toutes ces femmes.
Beyrouth est l'ultime personnage féminin du film, la ville nous apparaît au travers des pérégrinations de Layale, alias Nadine Labaki la réalisatrice, se rendant dans des endroits glauques pour rejoindre son amant. La circulation automobile épouvantable m'a rappelée celle de Tunis, avec ses klaxons et ses embouteillages. Les rues ensoleillées du coeur de Beyrouth ont un charme suranné avec ses façades défraîchies et romantiques. Toute la ville nous semble si calme, loin de la vision d'horreur que nous lui connaissons depuis juillet dernier. Car ce film a été tourné avant les terribles épreuves de l'attaque israélienne et des bombardements qui ont suivi.
Ainsi nous avons le bonheur de plonger dans la vie des Beyrouthaines, dans leur désir de plaire et de paraître dans un monde en paix, dans une société qui est en train de changer et dont la cinéaste nous révèle bien des failles. Servie par une musique originale de belle facture, la comédie sentimentale ne peut laisser quiconque insensible. Je vous convie à aller découvrir ce film vibrant, cet univers authentique et si délicatement traité. Une grande cinéaste est née
et il faut espérer que le succès rencontré pour ce premier film lui permettra de nous en offrir plusieurs autres.
Née en 1974 au Liban, Nadine Labaki est diplômée en études audiovisuelles en 1997. Elle y réalise son film d'école, 11 rue pasteur,en 1997, qui obtient le prix du meilleur court-métrage à la Biennale du Cinéma arabe de l'IMA (Paris) en 1998. Elle tourne ensuite des publicités et de nombreux clips musicaux. En 2004, elle participe à la Résidence du Festival de Cannes pour l'écriture de Caramel, son premier long-métrage.
23:40 Publié dans artistes, cinéma, FEMMES, Film voyage, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Liban, Labaki, France, film, Beyrouth, Cinéma, Critique



Commentaires
Merci pour l'intro, je compte bien aller le voir!
Ecrit par : rafik | 17.08.2007
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