01.05.2008
Sihem Belkhodja, une incontournable de la scène tunisienne
Ma rencontre imprévue avec Syhem Belkhodja
En mars 2007, j'ai fait un voyage incognito en Tunisie. J'avais décidé de ne prévenir personne et de me laisser aller à la rencontre impromptue avec des contacts Internet. Parmi ceux-ci une femme française vivant en Tunisie depuis de nombreuses années, une Lyonnaise, Frédérique. Comme je lui exposais mon projet de voyage au féminin et que je lui parlais de ce blog débutant, elle m'a parlé de sa belle soeur Sihem Belkhodja. Et je me souviens avoir mis un lien sur son profil sur le Blog à mon retour. Mais je ne l'avais toujours pas rencontrée.
Et puis au début janvier, ce devait être le 8 ou 9 janvier, dans le hall de mon hôtel
habituel, l'hôtel Ariha sur la rue de Palestine, j'ai remarqué une jeune femme en jean, très dynamique et très contemporaine qui collait des affiches pour un spectacle dans la ville. J'ai eu envie de m'approcher de la jeune femme pour voir de plus près l'affiche et entamer la conversation. Je remarquais le nom Ness El Fen dans l'organisation de l'évènement sur l'affiche et je me rappelais qu'il s'agissait du groupe d'artistes présidé par Syhem Belkhodja. Spontanée, a mon habitude, je demande alors : "Mais c'est la troupe de danse de Syhem Belkhodja?" Et de m'entendre répondre : "Mais je suis Syhem!". Nous étions toutes les deux interloquées, elle de me voir m'esclaffer, "c'est vous mais justement je voulais vous connaître, je connais votre belle soeur" et elle de me voir si euphorique et sortant de nulle part, la connaissant de renom mais ne l'ayant pas reconnue...par le fait même que je ne l'avais jamais vue et qu'entre une image statique comme une photographie et une personne en mouvement...réside le charme et la personnalité liée à la vie...
Elle a eu la grande gentillesse de m'inviter à cette soirée et de me donner ses coordonnées que j'ai mises sur une feuille que j'ai archivée quelque part dans mon stock de papiers...il faudra que je les retrouve. Car je ne me suis pas rendue à la soirée, j'avais une autre invitation et je n'ai pas appelée car je n'ai pas retrouvé son téléphone...je manque un peu d'ordre.
Mais, je l'ai revue en avril lors d'un autre de mes séjours, c'était le lendemain de l'ouverture de la Doc à Tunis, pendant la projection du film Ouled Lenine. Elle est passée tout à côté de moi et je l'ai reconnue...elle non, il y avait une telle foule...et je ne suis pas allée me présenter...ce n'était pas lle moment. Chaque chose en son temps.
Alors je vais en reparler une nouvelle fois car elle est impliquée dans un évènement ayant trait à son domaine de prédilection: la Danse...qui aura lieu à Tunis du 1er au 8 mai 2008 dans le cadre des Rencontres chorégraphiques de Carthage et sera co-organisée par Ness El Fen et Cultures France : La 7ème édition de "Danse l’Afrique danse"
"Après l’escale parisienne où elle a tenu sa 6e édition, la biennale Danse l’Afrique danse retraverse la Méditerranée pour prendre pied, du 1er au 8 mai 2008, sur le sol africain, à Tunis, dans la dynamique des Rencontres chorégraphiques de Carthage, organisées par la structure Ness el Fen, dirigée par Syhem Belkhodja.
Les Rencontres permettront de découvrir les oeuvres de jeunes artistes, dans le cadre d’un concours, et proposeront une importante plate-forme de la création chorégraphique dans le monde arabe.
La pierre angulaire de la manifestation reste le concours interafricain qui sert de tremplin pour les jeunes chorégraphes. L’édition de Tunis a choisi d’ouvrir celui-ci à une nouvelle section, celle du solo, qui permettra, outre les 8 pièces de groupe sélectionnées, d’accueillir également 10 solos créés et interprétés par un chorégraphe.
Parmi les 102 candidatures reçues pour les compagnies et 68 pour les solos, provenant de 29 pays différents, les chorégraphes suivants ont été retenus pour la section "pièce de groupe" :
- Heccius Pule THABISO et Tnami MANEKEHLA, pour la pièce KaroHano / Inzalo Dance Theatre and Company - Afrique du Sud
- Julia RAYNHAM pour la pièce 21st Century Anima / Resonance Bazaar - Afrique du Sud
- Auguste OUEDRAOGO pour la pièce Traces / Association Art’ Dev-Cie Auguste Bienvenue - Burkina Faso
- Bidiefondo DE LA VALLET pour la pièce Ndjila na Ndjila /Cie Baninga - Congo
- James MWEU pour la pièce Urbanité / Kunja Dance Theatre - Kenya
- Jean-Claude RABEMANANJARA pour la pièce Ozona / Tahala Company - Madagascar
- Edna JAIME pour la pièce Terceira Entidad / Iodine Producaes Tecnicas - Mozambique
- Nejib BEN KALFALLAh pour la pièce Mhayer Sika / Compagnie Nejib Ben Kalfallah - Tunisie
Les 10 solos sélectionnés sont :
- Lawrence Mncube NKOSINATHI pour la pièce Still feel the presence part II - Afrique du Sud
- Batsile Ramorula FUMEKA, pour la pièce A luta Kontinua - Afrique du sud
- Lebeau BOUMPOUTOU, pour la pièce Le Carrefour - Burkina Faso
- Prince Dethmer NZABA, pour la pièce Parcours - Congo
- Michel KOUAKOU, pour la pièce Behind me - Côte d’Ivoire
- Aly KAREMBE, pour la pièce Nan Dlo - Mali
- Maria-Hélena PINTO, pour la pièce Sambra - Mozambique
- Ibrahima Pape N’DIAYE, pour la pièce Dieu est mort ! - Sénégal
- Moustapha GUEYE et Jean TEMBA, pour la pièce Rêve - Sénégal
- Ali M’RABET, pour la pièce HumYughadirun Wa Yussefirun Bi Samt - Tunisie
Le concours distinguera deux compagnies lauréates et un solo, qui bénéficieront d’une tournée de plusieurs mois en France et dans le monde à partir de mai 2008. RFI, partenaire de la manifestation, remettra le prix spécial RFI-Danse à l’une des compagnies participant au concours.
Par ailleurs, l’édition tunisienne de 2008 apportera une nouvelle dimension aux Rencontres en favorisant le dialogue entre le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Afrique sub-saharienne. Ainsi, ce seront plus d’une dizaine de compagnies du monde arabe qui seront présentées.
Les Rencontres seront également l’occasion de découvrir les travaux de la première promotion sortante de la jeune école du CMDC créée il y a deux ans par Syhem Belkhodja et accueillant des étudiants venant d’Afrique et du monde arabe.
LA TOURNEE DES LAUREATS (2 compagnies + 1 solo)
Une première étape se déroulera au Maghreb dans le prolongement des Rencontres et en France où les lauréats seront accueillis au Festival Montpellier danse en juin 2008. Une seconde étape amènera les lauréats en France et en Europe (Belgique, Allemagne, Espagne, Pays Bas…) à l’automne 2008 pour une quinzaine de représentations prévues à ce jour.
Le lauréat du prix RFI-Danse, quant à lui, effectuera une tournée en Afrique en 2009.
Rappel :
Organisées et mises en œuvre par Culturesfrance/ Département Afrique et Caraïbes en créations, les Rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'océan Indien favorisent, depuis plus de dix ans, le développement des expressions chorégraphiques africaines et encouragent les échanges internationaux entre les chorégraphes africains et européens. Le concours de cette septième édition des Rencontres Danse en créations a été lancé en mars 2005, en partenariat avec RFI. Il est ouvert aux compagnies et depuis 2008 aux chorégraphes solistes vivant et travaillant sur le continent africain ou dans l’océan Indien (hors Ile de La Réunion). Il concerne des œuvres d’une durée comprise entre 20 et 30 minutes pour les compagnies et ne pouvant réunir plus de 6 interprètes sur le plateau et d’une durée comprise entre 10 et 20 minutes pour les solos (danseurs et musiciens).
Rencontres Danse l’Afrique Danse
Directrice artistique : Syhem Belkhodja
Production générale : Ness el Fen et Culturesfrance
Contact : Hélène Maza
En partenariat media avec
RFI
RFO
Afrique magazine
France 24
Source: http://www.culturesfrance.com/evenement/Danse-l-Afrique-danse-a-Tunis/evpg560.html"
Pour en savoir plus sur Sihem: Source Hammam Ensa
Depuis plus de 15 ans, le nom de Syhem est lié aux meilleures jeunes formations de danse en Tunisie.
Après de nombreuses études et formations dans les plus célèbres centre de danse de France, d'Allemagne, d'Italie et des Etats-Unis, Syhem a enseigné au Conservatoire de Musique et de Danse de Tunis.
Elle dirige entre autre, le Ballet National pour l'Enfance et sa Comagnie se compose de 50 danseurs.
Ses nombreuses créations ont dépassé le cadre national pour être diffusées entre autre au Zénith (Paris).
Forte de son crédit auprès du public tunisien, la chorégraphe dispose d'un théâtre de 200 places ainsi que de 3 studios dans lesquels elle dispense des cours.
16:50 Publié dans Activités , artiste , artistes , ASSOCIATION , Blog Tunisie , cinéma , FEMMES , Loisirs , Musique , Une femme, un lieu , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Danse, Afrique, tunis, Tunisie, france 24, Syhem, Belkhodja
21.04.2008
Tozeur, l'Alchimie Afro-orientale
Ce week end, mon amie Raja, une Tunisienne à la fois moderne et traditionnelle, rencontrée à mon précédent voyage est allée à Tozeur au Premier Festival des Musiques du Monde, intitulé : Tozeur, l'Orientale Africaine.Selon Abderrazek Cherait, le Maire de Tozeur et le président du comité d’organisation du festival, l’Orientale Africaine, est un échange, une spiritualité ou un passé retrouvé. « Tozeur est une cité à l’identité plurielle, africaine par ses racines, orientale par sa culture, elle a rayonné bien au-delà de ses frontières »
C'est intéressant cette définition car je me l'a fait mienne bien souvent car je me dis plurielle quand on me demande quelle est mon identité et je rajoute citoyenne du Monde.
Il n'y a pas longtemps mon copain Nejib, le créateur du portail sur le Cinéma tunisien m'avait parlé du Mezoued; il m'avait expliqué que c'était une musique tunisienne qu'il appréciait alors je suis allée écouter, mais je ne suis pas forcément la meilleure juge : Chadia Chaabane-law ken lik nwalli.
Dans la programmation du festival, le Mezoued tunisien était évidemment de la partie, le samedi soir et lors du concert de clôture Iran/Tunisie à la Maison De La Culture, l'Ensemble Shanbehzadeh d'Iran interprétait du Mezoued Tunisien.
J'ai voulu en savoir plus sur le Mezoued :"Le mezoued ou mezwed est un instrument à vent traditionnel de Tunisie qui correspond à une forme musicale propre. Cette cornemuse, d'une longueur de soixante-quatre centimètres, répandue en Tunisie est également utilisée en Algérie et en Libye. D'origine bédouine, cet instrument se serait diffusé des campements nomades vers les campagnes puis les villes. Il se joue généralement accompagné du bendir, du tbal et de la darbouka. Cette forme musicale, où l'instrumental domine, est accompagnée des paroles d'un chanteur exprimées en tunisien (et non en arabe comme dans les formes classiques de musique) et souvent accompagné d'un chœur masculin ou féminin.
Le mezoued se diffuse dans la culture urbaine des populations plutôt défavorisées et déracinées par l'exode rural. Il peut être vu comme l'expression d'un mal-vivre et d'une défiance vis-à-vis de la culture dominante, car il s'inscrit volontiers contre les codes de la bienséance en adoptant un langage argotique et en traitant de thèmes provocateurs. Ses plus sévères critiques associent le mezoued au zendali (réputé comme le chant des taulards).Cela étant, le mezoued est de plus en plus incorporé au répertoire de grands chanteurs tel Hédi Jouini, regagnant ainsi une vraie place dans la cité.
source Jetsetmagazine.net
Tozeur la perle plurielle:
Située au nord-ouest du Chott el-Jérid, Tozeur est la capitale du Djérid, au coeur de l'une des oasis les plus célèbres au monde, qui a connu un peuplement ancien dont l'origine principale est berbère. Centre actif du commerce caravanier transsaharien fréquenté par les Puniques, elle voit les Romains s'y installer en 33 av. J.-C.; ils rebaptisent la ville et la nomment Thusuros. Peu de vestiges attestent de cette époque pendant laquelle la ville devient un poste sur le limes (frontière) saharien. Spécialisée dans le commerce de dattes, elle est une plaque tournante du commerce des esclaves (sur la voie romaine allant de Gabès à Biskra). De l'influence chrétienne, il subsiste une église devenue ensuite la mosquée al-Kasr (à Bled al-Haddar).
C'est au XIIIe siècle que la ville se convertit à l'Islam avec l'arrivée des Hafsides. Elle se développe ensuite en dehors de sa palmeraie et connaît un grand essor économique jusqu'à son apogée au XIVe siècle.

De nos jours, Tozeur et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. La commune est créée le 23 juillet 1888. Elle compte selon les sources de 42 000 à 70 000 habitants (?). La ville est construite en briques typiques du Jerid, faites d'un mélange de sable et d'argile. Le plus vieux quartier est constitué de petites ruelles datant du XIVe siècle (Ouled-el-Hadef) à l'architecture plein de charme.
La ville est entourée d'une palmeraie d'environ 1000 hectares, abritant quelques 400 000 arbres, irrigués par 200 sources. Ces palmiers dattiers constituent la première source de richesse Mais la ville de Tozeur possède un autre atout, le tourisme.Grâce à son climat doux et sec en dehors du pic de l'été et grâce à ses oasis elle attire de plus en plus de visiteurs
Photo Palmeraie de tozeur - Les Trésors de la TUNISIE Septembre 2006
10:50 Publié dans artistes , Circuits tunisiens , Musique , Nature , patrimoine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tozeur, Tunisie, Musique, Mezoue, Cinéma, Tunisien, patrimoine
17.04.2008
Une voix et un nom à connaître : Houria Guelatty et la RTCI
J'ai rencontré dernièrement une dame à la voix magnifique, à la diction parfaite, une dame très connue en Tunisie: la journaliste Houria Guellaty, pionnière de l'animation radiophonique à la chaîne internationale de Radio Tunis (RTCI, FM 98)
.
J'ai eu cette grande chance d'être interviewée par elle et par la suite de la visiter chez elle, dans sa belle maison entourée d'un beau jardin.
Elle travaille dans la chaine de radio qui diffuse plusieurs programmes et bulletins d'informations en français. C'est le 17 juin 1935 que l'on a entendu pour la première fois la radio en Tunisie, postes privés de Radio Sfax et Radio Bizerte. Par la suite les Français créèrent une radio officielle en 1938. Pendant la seconde guerre mondiale, deux radios émettent, l'une officielle fidèle au gouvernement français de l'époque Radio-Tunis et l'autre opposée Radio Carthage. Après l'indépendance en mai 1959, la Tunisie débute un service en ondes courtes vers l'étranger.
La Tunisie possède de nos jours trois chaînes nationales ainsi que cinq chaînes régionales (Sfax, Monastir, Le Kef, Gafsa et Tataouine). La Chaîne nationale diffuse exclusivement en arabe.
Pour écouter RTCI sur Internet
Si vous êtes Tunisien ou comprenez le Tunisien Radio TUNIS
Houria Guellati est une des grandes voix de la RTCI. Dans une interview donnée à Tunivisions , elle est présentée comme étant "d'abord une artiste et une romantique. Ses passions : la nature, la mer et la bonne musique." Il est fait mention qu,elle est écologiste dans l'âme et cela tombait sous le sens qu'elle m'interviewe sur le Cercle Nature et Culture en Tunisie que j'essaie de promouvoir.
Je me permets de reprendre un souvenir présenté sur le site de Tunivisions qui nous montre le parcours personnel d'Houria:
" La nature, l'écologie, l'environnement sont aujourd'hui des sujets très importants. Notre pays accorde en plus une grande attention à l'environnement, à la faune et la flore. Je me sens encore plus impliquée actuellement. Cette passion est très ancienne, je dois cet héritage à feu mon père Béchir Guellaty, un sportif connu dans les milieux avertis. C'est quand très jeune j'allais au «Kouttab» avec mon cadet Mourad à Borj Touil, tout près de notre propriété, que le grand mécanisme de la nature se déclencha en moi.»
Et Houria a mis sa passion de la nature dans l'ensemble de sa vie professionnelle et personnelle. Elle anime le dimanche l'émission Nature et Arc en Ciel, émission dans laquelle mon interview sera diffusée le 27 avril prochain. Elle sait recevoir et mettre à l'aise les invités de son émission et s'intéresse réellement à leur personnalité. Ce dont je peux témoigner c'est de son amour pour les plantes et les animaux. Elle a su me parler avec tendresse du Parc animalier dont elle est la Marraine : le Parc de Friguia. Elle venait justement de donner une interview au journal Le Temps dans son supplément Week end:
on peut y lire que ce parc animalier de Friguia se trouve à mi-chemin entre Hammamet et Sousse. Ce parc " a ouvert ses portes au mois de novembre 2000. Depuis, Houria suit son évolution car il y a eu beaucoup de progrès, d’après elle." On y apprend de sa voix que "C’est un espace qui couvre 36 hectares où la verdure tient une grande place, à côté de la faune qui est variée. Son but, outre le divertissement, est de préserver les espèces animales en favorisant le développement de celles les plus menacées. Autrement dit, on oeuvre ici à reconstituer l’espèce animale décimée afin de la réintroduire dans son environnement naturel."
Houria Guellaty est une femme qu'il fallait vraiment que je rencontre, car elle représente une figure incontournable
du mouvement envronnemental en Tunisie. Or motivée par Charles-Michael Vinson, le fondateur de l'association Nature et Culture en Hautes Terres, des liens forts sont en train de se créer avec la Tunisie et d'autres cercles comme celui de la Belgique ou du Rouergue. Houria Guellaty s'est montrée très enthousiaste en attendant parler du Cercle Nature et Culture en Tunisie.
Nous continuons notre route et avançons grâce à toutes ses rencontres formidables!
Merci Houria!
09:19 Publié dans ASSOCIATION , Blog Tunisie , FEMMES , Nature , patrimoine , Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunis, Friguia, Tunisie, Houria, Guellaty, RTCI, radio
13.04.2008
GAFSA, la CAPSA romaine
Laissez-moi vous conter une ville romaine méconnue Capsa, fondée au 2ème siècle avant JC. On la nomme de nos jours Gafsa.
Elle était l'une des plus importantes villes des provinces d'Afrique proconsulaire. De Municipe à colonie, cette ville prospère fut détruite à la suite de la guerre entre Jugurtha, prince berbère numide contre l'autorité de Rome. C'est Marius occupant Capsa qui, comme le raconte l'historien Salluste, la détruit: elle " fut livrée aux flammes. Les Numides adultes furent massacrés ; tous les autres vendus comme esclaves... " Cet acte barbare et contre toutes les règles de guerre du monde romain, se déroula à la fin de l'été 107 avt JC.
Si vous voulez tout savoir sur Jugurtha et sa guerre contre Rome, je vous conseille d'aller lire le site Le Monde Berbère.
Jugurtha fut livré par son beau-père Bocchus roi de Maurétanie et mourrut étranglée à Rome après les pires des humiliations. En temps de guerre, les vaincus n'ont pas le retour juste de leurs mérites...le Triomphe est toujours réservé aux Vainqueurs, quel qu'aient pu être leurs méthodes pour vaincre.
Cette ville est une ville de résistance car après avoir été conquise par les byzantins et rebaptisée Justinia elle se révolte contre le général Oqba Ibn Nafi Al Fihri, qui prend la ville en 688 et tente de convaincre les Berbères à l'Islam. Au XIIe siècle des témoignages font état d'une langue latine encore en court à Gafsa (traduction arabe de Gafsa). Mais les malheurs de cette ville ne s'arrêtent pas là puisquen 1551, la ville est assiégée par un crsaire nommé Dragut pour le compte de Khayr ad-Din Barberousse. Gafsa résiste mais est obligée de capituler en 1556 après un siège de cinq ans.
Pendant la seconde guerre mondiale, la ville est le théâtre d'une bataille célèbre El Guettar, opposant la 10e division de panzers et les forces alliées. Une partie de la Kasba est détruite suite aux bombarfements incessants en 1943. Le général Rommel y avait installé son dépôt de munitions. elle ne conserve que ses murailles. Elle avait été érigée en 1434.
Les touristes d'aujoud'hui peuvent y découvrir très peu de vestiges romains en dehors des piscines romaines:
deux bassins entourés de murailles en pierre de taille, à l'eau très claire. Un petit musée contient quelques mosaïques.
Musée d'histoire
On y conserve de belles mosaïques de la Capsa antique: pugilat, athlètes, Vénus à la pêche. Par ailleurs, la visite des ateliers du Centre artisanal du tapis de Dar el Bey est intéressante. Le centre forme en deux ans de jeunes ouvrières. Elles réalisent des tapis de style berbère et des couvertures tissées " Haoulis " et " Ferrachia ", mais aussi des réalisations sur des cartons de l'école Flamande.
En parlant de Tapis, parlons des Artisanes de Gafsa, célébrées l'an dernier à la Maison de la culture Ibn Rachiq
"Gafsa, une terre authentique qui continue, depuis des siècles, à nourrir l’imagination des poètes, des écrivains, des peintres, des artisans... et à enflammer l’esprit des historiens et des archéologues. Ancrée dans l’histoire, Gafsa dont l’ancien nom est Capsa-Est l’une des grandes références de la culture de l’épipaléolitique qui s’est développée en Afrique du Nord entre le 8ème et le 10ème millénaire. Les amas de coquilles d’escargots qui ont été trouvés pas loin de cette ville témoignent de la splendeur de cette civilisation qui a marqué l’histoire de l’humanité depuis la nuit des temps. Entre un passé glorieux et un présent rayonnant, les habitants de Gafsa ont dessiné les contours de l’histoire sur de jolis supports de l’artisanat. Réputée pour ses tissages traditionnels comme le «klim», le «mergoum» et le «holi»"
Site d'une artisane de Gafsa qui produit des Tapis: Essouï Fajra
si je parle de gens célèbres de Gafsa, le père de mon amie, Nadia Gammoudi, Mohammed Gammoudi , (premier Tunisien à décrocher une médaille d'or aux Jeux Olympiques d'été de 1968 en parcourant 10 000 mètres en 28 minutes.
Et pour terminer une note poétique et une belle rencontre, celle de MONAS qui m'a le premier parlé de Capsa:
Gafsa, LA PRÊTE-NOM
Gafsa ! N'a plus vingt ans Depuis longtemps Depuis les temps De ses mille ans N'a plus cent ans Depuis le temps Où faute de bâtons Moururent les bergers Naquirent des agents Avec des matraques. Gafsa ! N'a plus le temps D'avoir le temps Du beau temps Des années de naguère Où mille partenaires Bâtirent ses tours Tachées d'amour De haine et du sang Des anciens amants. Gafsa ! Perd son temps Ses sirènes chantant L'ultime chanson Faute de marins Partis sur les chemins Des pays fantômes Des villes sans hommes Où ils seront rois Le temps d'un instant Du souvenir vivant Des mines profondes Des heurts et d'attente La mort de leur foi. Gafsa ! Retient le temps Respire le temps De son âme blasée De trop de sommeil De sa "Hara"jugée Juste un peu vieille Peut-être trop vieille Pour bâtir la joie Des murs en béton Des prisons dorées Des nouveaux conquérants Gafsa Meurt le temps De voir sa piscine mourir En l'absence de corps D'enfants et de sourires De sauts sans records Faute de palmiers Brûlés au goudron Comme des sorcières ! Et le gris s'inscrit Formant la souricière Trop sophistiquée Pour ses princes charmants Pour ses bien-aimées Pour porter le même nom
15:10 Publié dans artistes , Blog Tunisie , FEMMES , Histoire , Nature , patrimoine , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Gafsa, Capsa, Histoire, Romaine, rome, Berbère
31.03.2008
Un film de femme à voir...durant le festival Doc à Tunis
Comme je suis à Tunis, je ne peux résister à l'idée de vous parler d'uine cinéaste tunisienne Nadia El Fani qui m'a été signalée par mon ami Habib
"Après avoir été assistante à la réalisation, aux côtés de grands noms du cinéma tels que Roman Polanski, Nouri Bouzid ou Franco Zeffirelli, Nadia El Fani réalise son premier court-métrage « Pour le plaisir » en 1990 et crée sa propre Société de Production « Z’Yeux Noirs Movies » en Tunisie. En 1993, elle tourne un premier documentaire, « Femmes Leader du Maghreb ». Nadia El Fani s'installe à Paris en 2001 pour le montage de son premier long-métrage de fiction « Bedwin Hacker » et participe en 2005 à une série de 15 films courts confiés à des réalisateurs étrangers (« Paris La Métisse »). Son dernier documentaire (« Ouled Lénine ») aussitôt terminé, Nadia El Fani s’est mise à l'écriture d'un long-métrage de fiction intitulé « V.0. »."
Son film, un documentaire de 84 mn sera présenté jeudi procain 3 avril. De quoi s'agit-il?
"« J'avais dix ans et je peux dire que c'était le plus bel âge de ma vie… Dans la Tunisie indépendante de Bourguiba qui entrait pourtant déjà dans l'ère des désillusions, nous étions quelques-uns à partager le secret d'une appartenance : fils et filles de communistes…Chuuuuut!... ». À 20 ans, ils luttaient pour l'indépendance de la Tunisie et tous les espoirs étaient permis. Ont-ils trop prudemment attendu que le pays soit mûr, ou bien le temps a-t-il été trop vite pour leurs rêves? Un film qui trace un portrait singulier de militants progressistes dans la Tunisie de l'après indépendance et pose la question de leur héritage"
Née d'un père tunisien et d'une mère française, Nadia El Fani fait un stage sur le tournage de Besoin d'amour de Jerry Schatzberg en 1982 puis assiste plusieurs metteurs en scène comme Roman Polanski, Nouri Bouzid et Romain Goupil.
A partir des années 90 elle réalise des courts métrages et fonde sa maison de production Z'Yeux Noirs Movies. En 2003 elle sort son premier long métrage : Bedwin Hacker.
Projets en cours
• V.O. . Long-métrage de fiction en développement.
• SANG-MELE Long-métrage de fiction en écriture.
• HARISSA ET MOUTARDE série de films de 2' pour la télévision.
FILMOGRAPHIE
Réalisation Cinéma
• 2007 – Long-métrage Documentaire.
OULED LÉNINE. 82 '.
• 2005 – Court-métrage.
UNISSEZ-VOUS, IL N'EST JAMAIS TROP TARD! Avec ANEMONE
Dans la série PARIS LA METISSE réalisée par des réalisateurs étrangers vivant à Paris.
• 2001-2002 - Long-métrage
BEDWIN HACKER
Sortie salle: France Juillet 2003, Tunisie Janvier 2004. DVD prévu Mars 2007.
Elu par le public "Best of Fest", SARASOTA FILM FESTIVAL. USA. Février 2004.
Mention spéciale VUES D'AFRIQUE. MONTREAL Mai 2003.
Prix du meilleur film Maghrébin au FESTIVAL DU FILM D’AMOUR DE MONS, Février 2003.
Sélectionné aux festivals de ROTTERDAM, NAMUR, AMIENS, FESPACO, NEW YORK,WASHINGTON, BUENOS AIRES, CARTHAGE, RABAT, TARIFA, MILAN…
• 1998 – Court-métrage
TANT QU'IL Y AURA DE LA PELLOCHE
• 1993 - Documentaire de création
TANITEZ MOI.
Diffusé sur Canal+ Horizons et à la Télévision Nationale Tunisienne.
Mention spéciale pour la qualité de la réalisation et de l'esthétique 94.
Festival de VUES D'AFRIQUE MONTRÉAL.
Mention spéciale au Festival du FILM FRANCOPHONE DE NAMUR.
• 1992 – Court-métrage
FIFTY-FIFTY, MON AMOUR
Prix ATCE/La Presse Carthage’92, Festivals de Clermont Ferrand, Oberhausen, Rotterdam, New York….
• 1990 – Court-métrage
POUR LE PLAISIR
Diffusé sur CANAL+ et FRANCE 3.
Distribué en salle à Paris en avant programme du film " ECRANS DE SABLE"
de Randa CHAHAL-SABBAG.
Certificate of Merit au festival international de Cork IRLANDE 1990.
Coscénariste
• 1989 – Long-métrage
DU BOUT DES DOIGTS écrit avec Sophie DEFLANDRE.
Films institutionnels / publicitaires / commandités
• 2000 – Film Promotionnel
VERY SMALL CITY
Film promotionnel pour le site Internet de ALPHANIM DIGITAL.
• 1998 – Spots de Sensibilisation
Série de six spots de 1' pour L'OFFICE DU PLANNING FAMILIAL (Tunisie)
• 1997 – Film Institutionnel
INVESTIR EN TUNISIE (15')
Destiné aux investisseurs Allemands pour le compte du FOREIGNER INVESTMENT PROMOTION AGENCY (FIPA).
• 1997 – Film de Sensibilisation
Série de 3 Films de sensibilisation pour le Ministère de la Femme et de la Famille (Tunisie)
• 1993 – Film documentaire
DU COTE DES FEMMES LEADERS (30')
Pour L'Association Tunisienne des Femmes Démocrates. (ATFD).
• 1990-2000 Films Publicitaires
UNE VINGTAINE…
Production
• 1990-Création de la société de production
Z’YEUX NOIRS MOVIES.
Nadia EL FANI a produit tous ses films sauf FIFTY-FIFTY, MON AMOUR.
• 1998 – Court-métrage
COUPLOUETES de Mounira BHAR.
Grand prix du FIFEJ de Sousse Octobre 99.
• 1995/1996 – Long-métrage Documentaire-
MON COEUR EST TÉMOIN
Coproduction Québec/Tunisie, de Louise CARRE. Portraits de femmes dans différents pays musulmans. Prix Regards canadiens Festival de Vues D'Afrique. Montréal 1997
• 1988 – Court métrage (Madrid)
TORERO IMPAIR ET PASSE de Sophie DEFLANDRE.
Production exécutive (Tunisie)
• Clips 1990 à 2000
SARBACANE DE FRANCIS CABREL
MAMA DE CHEB MAMI.
ARAL DE CATHERINE LARA.
• Long-métrage1998.
LA POSITION DE L'ESCARGOT. de Michka Saäl (Canada)
Assistante à la réalisation
• DE 1983-1990 :
PIRATES de Roman POLANSKI
LE GRAND CARNAVAL de Alexandre ARCADY
L'HOMME DE CENDRES de Nouri BOUZID
IL GIOVANI TOSCANINI de Franco ZEFFIRELLI
MAMAN de Romain GOUPIL
ANNO DOMINI DE STUART COOPER
THE KEY TO REBECCA de David HEMMINGS
ECRANS DE SABLE de Randa CHAHAL-SABAGH
PROTOCOLE de Herbert ROSS
UN PRIVÉ AU SOLEIL de Jacques FONTANIER
• Stagiaire à la réalisation 1982-
MISUNDERSTOOD de Jerry SCHATZBERG.
16:10 Publié dans Activités , artistes , Blog Tunisie , cinéma , FEMMES , Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, documentaire, femme, film, saga, tunisie, fiction
27.03.2008
ATELIERS DE MAQUILLAGE EN TUNISIE
Une de mes amies Cathy Wagner, rencontrée l'an dernier dans une soirée au Féminin, m'avait parlé de son rêve d'aller en Tunisie y exercer son métier. Les rencontres de Distinctive women se multipliant, j'ai fait un vrai réseautage entre mes amies des deux côtés de la Méditerranée et là une grande première: dans l'hôtel de Charme de cette grande dame et amie Amel Zenaidi auront lieu des Ateliers de Maquillage spécialement dédiés aux Femmes sur place à Hammamet du 6 au 12 mai prochain.
Je suis heureuse de vous présenter le travail de Cathy sur son remarquable blog: http://makeup.canalblog.com/
Son Concept L'éveil au Maquillage, qu'est-ce que c'est?
Écoutons-là:
"L'éveil au maquillage consiste "tout simplement" à enlever mes couches, mes croyances et mes peurs et à accueillir tous les aspects de moi-même sans trop les trier, les aimer et surtout sans trop les détester... Cet atelier est très efficace lorsque je doute de mon apparence, car il y a re-découverte de soi par l'autoportrait avec des échanges et feedbacks du groupe. Le Cours d'auto-maquillage c'est aussi apprendre les bons gestes, ne plus se tromper sur mon choix de fond de teint, équilibrer des asymétries, redonner plus de caractère à mon visage, pour enfin faire connaissance avec celui que je ne vois plus, pour révéler ma personnalité et me mettre en valeur."

En Tunisie plusieurs de ses ateliers sont proposés comme la Journée COCOONING à 180 dinars tunisiens
Programme :
Ateliers le Jeudi 8 Mai et Dimanche 11 Mai de 10h30 à 13h et de 14 à 18h !
La journée cocooning à la Villa Noria de Yasmine Hammamet… À ne manquer
sous aucun prétexte pour se détendre et profiter des conseils professionnels ! Cette
journée débute par un groupe de paroles et d’écoute pour partager ses
questionnements & ses besoins. Nous sommes uniques et belles, à chaque âge ses
atouts ! Connectons nous à cette évidence ! Étude morphologique et re-découverte de
soi par l’autoportrait. Soins et préparation de la peau. Brunch de 13 à 14h
(restauration possible sur place). Cours d’auto maquillage naturel et transparent pour
révéler sa beauté avec des techniques pros pour sublimer chaque femme. Des photos
avant-après seront prises tout au long de cet atelier ! Ambiance très conviviale et
chaleureuse. Bienvenue aux particuliers et aux entreprises !
Pour réserver
Les places sont limitées à 6 personnes par atelier !
Pour réserver votre atelier, envoyez un mail pour vérifier la disponibilité à
eveil.au.maquillage@wanadoo.fr . pour joindre Cathy Tel : +33 (0)1 48 59 24 09 et +33 (0)6 07 35 10 80
http://www.makeup.canalblog.com
ATELIERS DE MAQUILLAGE EN TUNISIE Du 6 au 12 Mai à la VILLA NORIA à Yasmine Hammamet Téléphone +(216) 72 240 044 et Fax +(216) 72 241 150
15:00 Publié dans Activités , FEMMES , Loisirs , Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : villa Noria, Cocooning, auto-maquillage, Cathy wagner, Make up
19.03.2008
La Philosophe tunisienne Hélé Béji, une grande dame, une vraie Distinctive Woman
" La décolonisation est la forme la plus instinctive et la plus avancée de la liberté.
Elle est l'avant-garde de toutes les libertés. Mais elle est la plus malheureuse de toutes, car elle n'a pas tenu ses promesses... Nous avions fait l'Histoire, nous étions au cœur de l'Histoire, et l'Histoire nous avait comblés à profusion. Pourtant, après avoir reçu en héritage cette grâce miraculeuse, nous ne l'avons pas gardée. Qui nous l'a dérobée ? Cette histoire était la nôtre et, si nous l'avons perdue, c'est de notre faute.
Nous n'avons pas recouvré ce dont nous croyions avoir été spoliés, et nous avons dilapidé ce que nous avions reçu. "
C’est en ces termes que Madame Béji se pose la question essentielle et délicate de la difficile reconstruction après les Indépendances. Cet essai auto-critique publié sous le titre Nous, Décolonisés, est d’une audace incroyable et ose parler des lendemains qui déchantent.
Cette femme je l’ai rencontrée, le soir du 8 Mars, journée internationale de la Femme, dans sa superbe maison familiale en plein Medina de Tunis. Ce soir-là, il y avait une réunion de psychanalystes dans le Collège international de Tunis, qu’elle a fondé en 1998, au sein de sa demeure, rue Ben Nahmoud. À l’étage, j’ai rencontré une belle femme à la silhouette gracile et au regard pétillant, une femme élégante, racée et d’une rare culture. Ce qui m’a charmé, en tout premier lieu, c’est l’atmosphère des lieux, la présence de la couleur rouge dans les rayures des sofas, les ouvertures des pièces restaurées et modernisées, la chaleur du décor et la qualité des toiles suspendues aux murs, celles du fils, m’a confirmé le mari. La présence calme et réconfortante de ce dernier, avocat de profession originaire du Kef. La qualité des invités était un vrai bonheur et la cuisine servie était à la hauteur des hôtes. Mon amie, Amel, est une parente d’Hélé mais aussi une de ses ferventes admiratrices et j’étais très honorée d’être présentée à cette dame qui connaît le tout Paris Littéraire et Philosophique. Régis Debray dont je suis une lectrice attentive est un de ses proches. J’étais au paradis.
Bien sûr, j’ai voulu en savoir un peu plus sur les différents livres d’Hélé car ses sujets sont brûlants et touchent à la Culture et à l’identité, thèmes d’actualité. Or justement dans la semaine du 7 au 13 mars sortait en Kiosque, dans le magazine l’expression, un dossier spécial ayant pour titre Ces Femmes qui font bouger la Tunisie, dans lequel un article intitulé « une force qui demeure » qui reprend le titre d’une des dernières œuvres d’Hélé publiée en 2006 aux éditions Aerla. Or, je ne me souvenais plus en la rencontrant que 19 février 2007, au tout début de ce blog j’avais parlé de ce livre et d’Hélé. Son nom et son visage faisait écho mais je ne pus, à ce moment lui parler de ce papier, écrit dans la plus grande anonymat.
Et voilà que cette femme issue d’une prestigieuse lignée s’intéressait à mon concept de Distinctive Women. J’étais aux Anges.
Ce qui m’éblouit, c’est la continuité dans l’œuvre de Madame Béji et qu’atteste la Bibliographie de cette universitaire : « Le Désenchantement national », chez Maspéro en 1982, 'L' Oeil du jour', un roman chez Nadeau en 1985 et 'L' Imposture culturelle', un essai (Stock 1997). Ce dernier essai cerne, sous la forme d’un pamphlet, une dégénérescence du Tout Culturel où la culture « n'est donc pas toujours cet élan qui nous porte à nous apprécier; elle peut aussi épouser les vices et les vertus du patriotisme et du racisme. »
En 1997, avec un esprit pionnier, elle dénonçait l’intégrisme non pas comme une renaissance culturelle mais comme la « liquidation de la culture traditionnelle dans une inculture politique conforme à notre siècle. C'est une tendance qui rejoint l'évolution de la société moderne dans ses pires aspects discriminatoires, fétichistes et narcissiques où anonymat urbain, pensées déracinées et instincts dénaturés rendent l'individu accessible à tous les fanatismes »
Cette femme est une grande philosophe dont peuvent s’enorgueillir toutes les Femmes tunisiennes, mais aussi les Femmes du Monde car elle est une femme qui s’exprime sans interdits ni contraintes.
17:10 Publié dans FEMMES , Histoire , Livre , patrimoine , Une femme, un lieu , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Hélé, Béji, Bourguiba, UNESCO, décolonisation, Philosophie, Psychanalysme
26.02.2008
Les Églises de Tunisie
« L’ancienne église de Notre Dame de la Garde abrite depuis 2003 le Musée de Zarzis. Elle fut construite vers 1920 par deux prêtres missionnaires : les Pères Deshay et Deschanels. On y distingue nettement la nef centrale flanquée des bas-côtés, le transept avec ses deux bras qui s’étirent de part et d’autre du chœur donnant à la basilique la forme d’une croix. Destiné aux paroissiens de la ville de Zarzis, cet édifice religieux a été fermé en 1954, après le départ du dernier prêtre connu, Père Immhof. L’église a été restaurée et aménagée en Musée après avoir abrité le Comité culturel. » source Saisons tunisiennes
En lisant ces mots sur le site de mon ami Raja Skandrani, Saisons Tunisiennes, je me suis posée la question des vestiges catholiques de Tunisie. J’avais parlé du sort des cloches de l’Église de Mégrine qui avaient été récupérées par un amoureux avisé du patrimoine tunisien, de cette identité plurielle aux accents multi-confessionnels. Ces cloches ont une importance plus intime, depuis que j’ai appris que j’avais reçu le baptême dans cette même église. Je ne veux pas dire que c’est pour leur valeur religieuse qu’elles m’importent, mais qu’elles sont un fragment de mon existence et de celles des habitants de ce quartier, du temps où se côtoyait une mixité culturelle dans une petite ville comme Mégrine.



















